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our les textes et les documents, il est permis de distinguer une époque moderne, bornée en amont par l’invention de l’imprimerie et en aval par la transformation au cours du XIXe siècle de l’imprimerie en une véritable industrie.

Cette période longue a été le lieu de pratiques complexes, où coexistent des usages relatifs au manuscrit (avec ou sans intervention de copistes) et des pratiques d’ateliers d’imprimerie. Pour diverses raisons (diffusion réduite ou privée, motifs économiques, censure…), ou parce qu’il était encore reçu comme un moyen de circulation du texte, l’écrit manuscrit a continué de côtoyer le livre imprimé. Ses formes et ses statuts sont variés, et l’impression ne signifie pas toujours la destruction du manuscrit. Même au XVIIIe siècle, nombre de brouillons ont été conservés après impression, et le livre imprimé lui-même peut porter la marque d’une révision de l’auteur. Ajoutons qu’au fil du temps les formes du livre ont évolué comme la typographie et la ponctuation. Le lectorat se développant, l’offre s’est accrue et diversifiée. Le contrôle des publications a fini par aller de pair avec la fraude et le piratage.

Sans surprise, au XVIIIe siècle, les Lumières font du livre et des journaux imprimés des objets privilégiés. Ne donnent-ils pas, entre autres, les moyens d’exercer sa raison ? C’est alors aussi que les métiers du livre commencent à se structurer : l’écrivain peut de plus en plus vivre de sa plume, et les fonctions d’éditeur, d’imprimeur et de libraire se différencient.

Rencontrer ces objets du passé que sont les textes et les documents, dans leur forme, leur fonction et leur portée, permet d’interroger ce que signifiait écrire à l’époque qui nous intéresse.

 

Image : Louis-Michel van Loo, Denis Diderot écrivain, peinture à l’huile, 1767, Musée du Louvre, RF 1958, détail © 2010 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle

modifié le 25/09/2025

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