Relations internationales


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n France, la IIIe République confie en 1874 à un groupe de diplomates, d’historiens et de journalistes le soin de réfléchir à la communication et la mise en valeur des archives. Ce groupe donnera naissance à la commission d’archives diplomatiques présidée par le ministre des Affaires étrangères. C’est cette commission qui a entrepris, dès 1884, la publication des prestigieuses Instructions données aux ambassadeurs et ministres de France depuis les traités de Westphalie jusqu’à la Révolution (1648-1789) dont le premier volume est édité en 1884. Depuis lors, 32 volumes sont sortis de presse dont l’avant-dernier, relatif à la Principauté de Liège (Bruno Demoulin), est paru en 1998, tandis que le dernier concernant les Pays-Bas espagnols puis autrichiens a été publié en 2022 par Bruno Demoulin.

 

Recueil des instructions aux ambassadeurs et ministres de France. XXXI : Principauté de Liège (Bruno DEMOULIN)

Les relations entre la France et la Principauté de Liège ont été, aux Temps modernes, le plus souvent chaleureuses, parfois tumultueuses, voire équivoques, jamais indifférentes. Les instructions aux ministres de France à Liège, des traités de Westphalie à la Révolution, apportent un éclairage neuf sur la politique française à l’égard des puissances situées sur la frontière nord du Royaume, qui fut toujours la plus menacée. Lieu de passage idéal vers les Provinces-Unies et la Westphalie, cette principauté ecclésiastique dont les institutions sont représentatives d’un pays d’Etats d’Empire avec maintes singularités a été sillonnée depuis le Moyen Âge par de multiples armées, et ses forts, qu’il s’agisse de ceux de Liège, Dinant, Huy ou Bouillon, ont fait l’objet des convoitises européennes aux dix-septième et dix-huitième siècles. Elle n’a pas échappé aux préoccupations de Versailles sur les plans politique, militaire (levées d’hommes, surveillance de l’industrie armurière, la première d’Europe), stratégique ou économique. A la politique d’expansion de Louis XIV succédera au dix-huitième siècle une doctrine de protectorat courtois que les diplomates français exécutèrent fidèlement jusqu’au rattachement de la Principauté à la France en 1795. Ils furent aidés par bien des Liégeois, ces voisins «spirituels, civils, accostables et hospitaliers», «opiniastres» et «mutins».

Bruno DEMOULIN, Recueil des instructions aux ambassadeurs et ministres de France. XXXI : Principauté de Liège, Ministère des Affaires étrangères/Imprimerie nationale, 1998. ISBN 9782110891556. ORBi : https://hdl.handle.net/2268/137576.

 

Recueil des instructions aux ambassadeurs et ministres de France. XXXII : Pays-Bas espagnols puis autrichiens (Bruno DEMOULIN)

Après le Recueil des Instructions aux ambassadeurs et ministres de France dans la Principauté de Liège, Bruno Demoulin a réalisé cette édition des instructions aux ambassadeurs et ministres de France à Bruxelles, capitale des Pays-Bas espagnols puis autrichiens.

L’Introduction du recueil permet d’abord de resituer l’espace géographique de ces pays et son évolution au fil des siècles. Les institutions des Pays-Bas sont ensuite scrutées avant que soient examinées les particularités de leur statut international et l’attitude de la France jusqu’aux traités de Westphalie. Les relations entre la France et les Pays-Bas de 1648 jusqu’à la Révolution sont analysées, mettant en évidence les continuités et ruptures dans la politique de Paris puis Versailles dont certains aspects sont d’une brûlante actualité au moment où le destin de la Belgique est remis en cause par certains. Puis les institutions diplomatiques sont présentées : le personnel diplomatique en poste à Bruxelles, les appointements, indemnités et pensions, la résidence, les instructions en elles-mêmes et le cérémonial.

Les Pays-Bas sous le règne des Archiducs Albert et Isabelle, cet âge d’or, jouissent d’une autonomie réelle, sous la surveillance de Madrid sur le plan de la politique étrangère néanmoins. Il convenait donc d’éditer le texte des instructions sous la Régence de Marie de Médicis, puis sous Louis XIII jusqu’à la déclaration de guerre de 1635, Bruxelles jouissant alors de toute l’attention de Richelieu. S’ouvre une longue période de conflits qui marquent le Siècle de Louis XIV, celui-ci faisant remonter la frontière Nord du Royaume, la plus exposée de la France. Il se conclut par une période passionnante : celle de la Guerre de Succession d’Espagne, pays dont Maximilien-Emmanuel de Bavière, Gouverneur des Pays-Bas, se serait bien vu le roi. Le régime autrichien, ou « allemand » comme disent certains textes, marque le XVIIIe siècle après les traités d’Utrecht et de Rastadt. La fermeture de l’Escaut, le bridage d’Ostende, la présence des garnisons voraces hollandaises sont mal supportés, et la nouvelle politique française se dessine. D’une admirable continuité elle inspire toujours les principes du Quai d’Orsay !

Le poste de Bruxelles est ainsi successivement occupé par des résidents puis des ministres plénipotentiaires, signe d’un intérêt croissant pour cette capitale. En effet, si les grandes questions internationales se traitent à Vienne et Paris, Bruxelles, lieu d’échanges d’informations et d’espionnage, est une caisse de résonnance européenne.

L’édition de cette vingtaine d’instructions, précédées et suivies d’une remise en perspective, sert à comprendre quel fut le destin de ce qui deviendra les Départements réunis, le Royaume des Pays-Bas, puis celui de Belgique.

Bruno DEMOULIN, Recueil des instructions données aux ambassadeurs et ministres de France des Traités de Westphalie jusqu’à la Révolution française. T.XXXII. Pays-Bas espagnols puis autrichiens.

modifié le 24/09/2025

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